Le SAS 78, bel exemple de la coordination Ville hôpital pour les soins non programmés
Depuis des décennies, le gouvernement, les pouvoirs publics et la Caisse Nationale d’Assurance Maladie rendent les médecins responsables de la catastrophe démographique médicale et donc de l’accès aux soins des patients de plus en plus difficile. L’APTA 78 a pris le taureau par les cornes, le succès ne s’est pas fait attendre.
Il s’agit là d’un aveuglement des politiques car cette détérioration est en fait la conséquence de décennies d’inaction des politiques qui se refusent à mettre comme priorité la réorganisation du système de santé en faisant semblant de regarder ailleurs « Quand on veut se débarrasser de son chien on l’accuse de la rage ».
Procédé bien connu lorsque l’on ne veut pas aborder les vrais problèmes. Dans les Yvelines, les médecins, libéraux comme hospitaliers prouvent depuis 2022 que leur souci premier est avant tout l’accès aux soins de tous les patients.
Le département des Yvelines a été un des pionniers, France entière, de la mise en place avec succès du service d’accès aux soins non programmés. Le Service d’Accès aux Soins (SAS) est avant tout un dispositif d’accès aux Soins Non Programmés (SNP) qui facilite l’orientation des patients des Yvelines appelant le 15 en contribuant à l’évolution de l’organisation des soins au sein du département.
Démonstration qu’ont voulu faire les médecins dont le souci premier est effectivement l’accès aux soins de TOUS les patients notamment des patients n’ayant pas (ou plus) de médecin traitant.
Opérationnel depuis janvier 2022, le SAS 78 est le fruit d’un travail collaboratif initié de longue date entre l’APTA 78 ( représentant les professionnels de santé de ville dans le département) et le Centre Hospitalier de Versailles, établissement hébergeur du SAMU 78.
Le développement réussi du SAS 78 démontre que la communication entre la ville et l’hôpital est possible, au service des appelants du 15. Le Service d’Accès aux Soins s’inscrit dans une organisation synergique avec le SAMU 78 et l’ARPDS 78 (association départemental de permanence des soins), au sein d’un même plateau, en horaire d’ouverture des cabinets de ville.
Depuis sa création, le SAS 78 rassemble les expertises libérales et hospitalières au sein d’un cadre unique, apportant cohérence et lisibilité à la régulation des appels au 15. Dans cette organisation, le SAMU 78 assure le décroché, l’évaluation et la prise en charge des situations d’urgence vitale ou réelles. L’ARPDS 78, elle, contribue, pour sa part, à la régulation des demandes relevant de la médecine ambulatoire. Le SAS 78 veille à la qualification initiale de chaque appel et à l’orientation vers la réponse la plus adaptée.
Au-delà de cette mise en cohérence, le SAS 78 porte une dynamique territoriale de prise en charge des soins non programmés. En lien étroit avec les professionnels de santé de ville, il œuvre au développement de nouvelles solutions pour proposer une réponse graduée, efficiente et sécurisée aux patients. Actuellement, l’APTA 78 a mobilisé 280 médecins de ville participant au dispositif en assurant la prise en charge des patients réorientés vers une consultation en médecine de ville par la régulation. Ces professionnels assurent la couverture de l’ensemble du territoire afin que chaque patient bénéficie d’un suivi de premier recours adapté et sécurisé, limitant ainsi un passage aux urgences par défaut.
Cette démarche traduit une volonté constante d’adapter l’organisation aux besoins du territoire et d’orienter le patient dans le parcours le plus adapté à ses besoins. En unissant les acteurs de la ville et de l’hôpital en faveur de l’accès aux soins non programmés, le SAS 78, par une gouvernance partagée entre l’APTA 78 et le Centre Hospitalier de Versailles, consolide le lien ville-hôpital et contribue à une utilisation plus pertinente des ressources du territoire. Cette dynamique traduit une volonté commune de coopération et de responsabilité collective.
Rendu possible par cette coopération, 16 597 patients régulés par le SAS 78 ont été orientés vers une consultation de soins non programmés en cabinet en 2025, soit une progression de 23 % par rapport aux 13 489 patients orientés en 2024. Cette augmentation souligne la pertinence croissante du dispositif et son rôle renforcé dans l’accès aux soins non programmés sur l’ensemble du territoire des Yvelines.
Suite à la fermeture des urgences pédiatriques de Poissy, le SAS 78 participe à la réorientation des patients accueillis aux urgences vers une consultation de médecine générale dans une logique de cohérence de parcours. Ce dispositif, construit en partenariat avec les structures hospitalières du département, consiste à évaluer chaque patient pour le diriger vers des consultations en cabinet de médecine générale, selon des critères précis.
Mise en place en juillet 2023, la réorientation concerne désormais de manière pérenne les urgences pédiatriques de Mantes, Poissy, Rambouillet et Versailles, ainsi que les urgences adultes de Versailles. Elle garantit une prise en charge adaptée et sécurisée en ville tout en limitant le recours aux services d’urgences par défaut. Le patient est orienté en priorité vers son médecin ou pédiatre traitant puis vers un médecin effecteur du SAS 78 en cas d’indisponibilité du médecin référent. Nous le savons tous et nous le répétons la saturation des urgences hospitalières n’est qu’une conséquence du manque de régulation en amont, ce que corrige le SAS.
En 2025, le SAS 78 a traité 3 041 demandes de réorientation des patients des urgences (SAU). Parmi elles, 1 558 ont été réorientées vers une consultation chez un médecin de ville. Le SAS 78 ne réoriente pas l’ensemble des patients pour plusieurs raisons : certaines ont déjà obtenu un rendez-vous auprès de leur médecin référent lors de la prise de contact du SAS 78, tandis que d’autres, rassurées par l’évaluation réalisée aux urgences, ne souhaitent finalement pas bénéficier d’une consultation supplémentaire
Malgré ces évolutions plus que positives, en janvier 2025, les régulateurs ont dû se mettre en grève pour trois raisons :
- Une demande de budget supplémentaire afin de pouvoir doter un maximum de régulateurs de casques téléphoniques (outil indispensable à la régulation) et en dehors de toute revendication de revalorisation d’honoraires, ce qui n’est pas un investissement monstrueux eut égard aux services rendus.
- Une demande de financement permettant de former également les nouveaux médecins régulateurs et d’assurer la formation continue, indispensable au regard de l’évolution des technologies et des besoins
- Mais aussi par solidarité avec leurs consœurs et confrères effecteurs débordés du SAS et de l’ARPDS (en grève dans le cadre d’un mouvement national).
Avec cette action et devant l’incongruité de la demande et la modestie du budget l’Agence Régionale de Santé est revenue à la raison après 2 mois de négociation et le budget a été accordé. MAIS il aura fallu une grève !!!


