Chères consœurs, chers confrères,
Voici une synthèse des actualités marquantes de notre fédération nationale au cours des dernières semaines et derniers mois et fait suite à la dernière AG de la FNMR Nationale de juin.
Je tiens à remercier chaleureusement le Dr Caroline Tichoux, qui m’a accompagné lors de la dernière Assemblée Générale de juin.
Je tenais avant l’été à vous communiquer tous ces éléments qui seront développés avec les dernières informations suite à l’AG Nationale de septembre lors de notre diner amical de rentrée.
Voici donc ce qui pour nous est à retenir :
1. Une gouvernance nationale renouvelée
Le nouveau bureau restreint de la FNMR se compose ainsi :
- Président : Dr Éric Chavigny (Dax, Nouvelle-Aquitaine)
- Premier vice-président : Dr Éric Guillemot (PACA)
- Secrétaires généraux : Dr Katia Giobbini (Occitanie) et Dr Sébastien Thiriat (Grand Est)
- Secrétaires généraux adjoints : Dr Cédric Brochart (Hauts-de-France), Dr Éric Chevallier (Bretagne), Dr François Jambon (Nouvelle-Aquitaine) et Dr Éric Teil (Auvergne-Rhône-Alpes)
- Trésorier : Dr Alain François (Auvergne-Rhône-Alpes)
- Trésorier adjoint : Dr Dominique Masseys (Nouvelle-Aquitaine)
Un Observatoire National de l’Imagerie Médicale (ONIM) sera par ailleurs constitué, destiné à objectiver nos données face à celles de la CNAM.
Nous regrettons l’absence de représentant d’Ile de France au sein de ce bureau restreint. Notre exercice a des spécificités qui font qu’un représentant de notre région nous paraissait indispensable pour défendre notre exercice. A notre connaissance, c’est le premier bureau national sans représentant d’Ile de France.
2. Baisses tarifaires entrées en vigueur au 1er juillet 2026 : l’échec des négociations
Les négociations conventionnelles avec la CNAM n’ayant pas abouti, la FNMR ayant refusé de signer l’Avenant N°1 suite à de nouvelles baisses tarifaires contenues dans cet avenant, le plan d’économies décidé unilatéralement par l’Assurance Maladie en novembre 2025 s’applique : de nouvelles baisses tarifaires sur les forfaits techniques scanner et IRM, ainsi que sur d’autres actes d’imagerie, sont en vigueur depuis le 1er juillet 2026 (décision UNCAM), dans le cadre de l’avenant n°1 à la convention médicale sur le plan imagerie. Les syndicats polycatégoriels considèrent que les efforts demandés à notre spécialité ne peuvent continuer à reposer principalement sur des baisses tarifaires, alors que les économies déjà mises en œuvre en novembre 2025 dépassent les objectifs fixés par le législateur (>400 millions d’euros prévus en suivant ce rythme contre 300 millions votés)
Lors de sa dernière rencontre avec le directeur général de la CNAM, Thomas Fatôme, Éric Chavigny avait pourtant proposé une voie alternative de 460 millions d’euros d’économies durables, fondée sur deux leviers concrets :
- 320 M€ grâce à un programme de pertinence des examens (le bon examen pour le bon patient au bon moment), piloté conjointement avec l’Assurance Maladie, les sociétés savantes et les médecins demandeurs : IRM du rachis lombaire (100 à 150 M€), IRM du membre inférieur (80 à 120 M€), optimisation des parcours de soins et lutte contre les examens redondants (50 à 70 M€), amélioration de la qualité des demandes d’examen (40 à 60 M€) — soit un potentiel total de 250 à 440 M€, pour un objectif retenu de 320 M€.
- 140 M€ d’économies sur les indemnités journalières, grâce à des circuits prioritaires pour les patients en arrêt de travail (créneaux dédiés, parcours rapides, signalement spécifique), avec un objectif de réduction de sept jours en moyenne de certains arrêts liés à l’attente d’un examen ou d’un traitement.
En contrepartie de ce plan, la FNMR demandait un réinvestissement ciblé de 83 M€ pour préserver l’accès aux soins et l’investissement : rétablissement du Z radiologique à 15,5 % (45 M€), facturation du troisième acte à 50 % (18 M€) et révision des activités de référence des scanners et IRM (20 M€) — répartis entre imagerie de proximité (63 M€) et imagerie lourde (20 M€). Au bilan, ce plan dégageait un solde net favorable à l’Assurance Maladie de +377 M€, tout en évitant les baisses tarifaires.
L’Assurance Maladie a préféré la baisse tarifaire à la pertinence proposée par la FNMR, sans attendre les conclusions du groupe de travail qu’elle a elle-même mandaté sur les forfaits techniques. La FNMR regrette ce choix, qui fragilise l’ensemble de l’activité des centres d’imagerie — une spécialité à forte intensité d’investissement, où nous finançons nous-mêmes nos locaux, notre matériel et nos équipes. Elle rappelle que l’imagerie médicale ne représente que 3 % des dépenses de santé, alors qu’elle conditionne souvent la suite du parcours du patient : bien utilisée, elle permet un diagnostic plus précoce, des traitements moins coûteux, des hospitalisations évitées et des arrêts de travail raccourcis. Ces propositions, jugées sérieuses et constructives par la direction générale de la CNAM, restent la ligne défendue par la fédération, qui a réitéré sa demande de rendez-vous auprès de Thomas Fatôme.
3. Rapport Charges et Produits de la CNAM : une mobilisation nécessaire
Le rapport annuel Charges et Produits 2027 de la CNAM, présenté le 2 juillet, est un document stratégique qui prépare chaque année le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) : il propose 3,9 milliards d’euros d’économies et quarante mesures qui inspireront directement les arbitrages budgétaires à venir. Notre spécialité y est citée à plusieurs reprises, notamment avec un chiffre de rentabilité financière de 25,2 % pour la radiologie libérale en 2023, qui risque d’être interprété hors contexte comme le signe de revenus excessifs.
La FNMR rappelle que la hausse du chiffre d’affaires du secteur reflète surtout l’augmentation et le vieillissement de la population, et non une évolution favorable des tarifs, qui n’ont fait que baisser sur la période. Une note explicative, « Comprendre la rentabilité de la radiologie libérale dans le rapport Charges et Produits pour 2027 de la Cnam », a été diffusée à cet effet.
Appel à action : la FNMR nous invite à contacter dès maintenant notre député et notre sénateur du département pour leur transmettre cette note. Plus nous serons nombreux à intervenir localement, plus nous avons de chances d’être entendus avant l’examen du PLFSS à l’Assemblée nationale et au Sénat. N’hésitez pas à vous rapprocher du bureau départemental si vous souhaitez un modèle de courrier ou des éléments de langage.
4. PLFSS 2027 : premiers contacts avec le rapporteur général
Ce sujet fait suite aux enjeux évoqués au chapitre 3, le rapport Charges et Produits de la CNAM servant justement de base à ce futur PLFSS.
Le président de la FNMR, Éric Chavigny, a rencontré Thibault Bazin, rapporteur général du PLFSS 2027, pour présenter les propositions de la fédération sur la contribution de l’imagerie médicale à l’amélioration du système de santé. La FNMR a demandé un moratoire sur les baisses imposées des forfaits techniques dans l’attente des conclusions du groupe de travail mandaté par l’Assurance Maladie, ainsi qu’une reconnaissance de la radiologie comme spécialité centrale, porteuse d’économies pour l’ensemble du système via l’optimisation des parcours de soins.
5. TVA sur l’activité des remplaçants : un recours abandonné devant le Conseil d’État
Plusieurs groupes ont reçu des taxations d’office portant sur la TVA applicable à l’activité des médecins remplaçants au sein de leurs cabinets. La FNMR a été contrainte d’abandonner son recours devant le Conseil d’État, le rapporteur public ayant préconisé une application de la TVA à l’ensemble de l’activité générée par les remplaçants, et non aux seuls remplaçants réguliers comme le soutenait la fédération. Le bureau départemental reste à votre disposition pour échanger sur les conséquences pratiques de cette évolution pour vos structures.
6. Attaque en règle contre le S2
Vous avez pu lire dans la presse et sur les réseaux sociaux les attaques organisées contre le secteur 2 ces dernières semaines.
Le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) a publié le 9 juin 2026 trois scénarios de réforme des dépassements d’honoraires, huit mois après un premier état des lieux. Sans trancher, le rapport place le secteur 2 au cœur du débat : cette liberté tarifaire encadrée, devenue majoritaire chez les spécialistes libéraux (56 % aujourd’hui, contre 37 % en 2000), pourrait concerner jusqu’à 90 % des spécialistes d’ici 2040 si rien ne change, pour un montant de dépassements dépassant 10 milliards d’euros, contre 4,7 milliards en 2025.
Trois scénarios sont envisagés : le premier tend vers l’extinction progressive des dépassements, avec une baisse moyenne de 28 % des honoraires pour 95 % des praticiens actuellement en secteur 2 en cas d’application immédiate ; le deuxième réserve l’accès au secteur 2 pour les nouveaux installés (ancienneté de 5 à 10 ans d’exercice), sans supprimer les dépassements existants ; le troisième cible plus spécifiquement les pratiques tarifaires les plus élevées, avec un plafond de 150 % du tarif conventionnel et un droit au tarif opposable pour une partie des patients selon des critères de ressources ou d’état de santé.
Les syndicats médicaux (UFML-S, AvenirSpé-Le Bloc, FMF-Spécialistes) ont vivement réagi, redoutant un impact sur les revenus, l’attractivité de l’exercice libéral et le maintien d’une offre spécialisée dans les territoires. À l’inverse, les associations de patients (France Assos Santé) et l’UNSA plaident pour un encadrement plus strict, voire une suppression progressive des dépassements, notamment sur les actes de dépistage. Il s’agit d’un dossier très politique, et les différents partis risquent de s’accorder sur notre dos à l’approche des élections. Le secteur 2, bien que minoritaire dans notre spécialité, reste notre dernier rempart pour une radiologie de qualité, et même pour la survie de la radiologie libérale face aux baisses actuelles et programmées des tarifs du secteur 1.
7. L’USMY : une union syndicale qui défend l’ensemble des médecins des Yvelines
Nous profitons de cette lettre pour rappeler l’existence et le rôle de l’Union des Syndicats Médicaux des Yvelines (USMY), association loi 1901 qui fédère au niveau départemental le Syndicat Médical des Yvelines (CSMF 78) et le Syndicat des Médecins Libéraux des Yvelines (SML 78), rejoints depuis 2019 par Avenir Spé-Le Bloc. L’USMY regroupe ainsi l’ensemble des médecins libéraux des Yvelines, toutes spécialités confondues, pour défendre leurs droits et intérêts auprès des institutions départementales : CPAM 78, délégation départementale de l’ARS, Conseil départemental des Yvelines, Union Régionale des professionnels de santé d’Île-de-France, et autres structures locales.
Au-delà des dossiers nationaux portés par la FNMR, l’USMY accompagne au quotidien les confrères yvelinois sur les difficultés d’exercice, les litiges avec les organismes payeurs et les évolutions réglementaires locales. Nous vous encourageons à vous rapprocher de l’USMY si vous n’êtes pas déjà en lien avec elle, la défense syndicale départementale étant complémentaire de notre action au sein de la FNMR.
L’USMY publie par ailleurs une lettre mensuelle (USMY news- inscription sur usmy.fr) qui retrace l’actualité syndicale tant au niveau national que départemental, une lecture utile pour suivre l’ensemble des sujets qui concernent l’exercice libéral dans les Yvelines.
8. Autres informations
Rencontre avec la ministre de la Santé sur le dépistage du cancer du sein
Une délégation de la FNMR a été reçue par la ministre de la Santé pour échanger sur le renforcement du dépistage organisé du cancer du sein. Ont été évoqués : la formation des sénologues, la valorisation de la mammographie, la difficulté à maintenir des centres d’imagerie de proximité après les baisses tarifaires, et l’intérêt des Plateaux d’Imagerie Médicale Ambulatoire de Proximité (PIMAP) pour le maillage territorial. Des mesures pour rendre le dépistage plus accessible et plus efficace seraient annoncées à l’automne (!)
Livre blanc de l’Ordre des Médecins
Éric Chavigny a été reçu par l’Ordre des Médecins pour contribuer au livre blanc préparé en vue des élections présidentielles. Les propositions de la FNMR y seront intégrées.
Rapport d’enquête de l’Assemblée nationale sur la financiarisation
Le rapport de la commission d’enquête sur « la prédation des capacités productives françaises par les fonds spéculatifs », rédigé par la députée Aurélie Trouvé, a été rendu public. Sa première partie comporte un volet consacré à la santé avec un focus sur la radiologie, et formule 41 recommandations visant à renforcer les outils de contrôle et de transparence applicables au capital-investissement. Certaines de ces recommandations pourraient être reprises par voie d’amendements dans les futurs textes budgétaires (PLF, PLFSS).
DPC : une obligation encore prolongée d’un an
Une proposition de loi déposée fin juin par le député Thibault Bazin propose le transfert du dispositif de DPC vers la Haute Autorité de Santé, avec suppression de l’obligation de DPC pour les seules professions à ordre, pour lesquelles la certification périodique prendrait le relais. Ce texte alignerait la temporalité du DPC sur celle de la certification périodique, une commission spécialisée de la HAS étant chargée d’élaborer les méthodes de formation continue communes aux deux dispositifs.
En parallèle, les orientations pluriannuelles prioritaires du DPC, censées couvrir le triennal 2023-2025, ont de nouveau été prolongées : après une première prorogation qui les avait déjà fait courir jusqu’à fin 2026, un arrêté du 3 juin 2026 les proroge à nouveau pour s’appliquer également à l’année 2027. Les actions de DPC réalisées en 2026, 2027 et 2028 s’inscriront ainsi dans un nouveau cycle triennal 2026-2028, sans changement majeur des thématiques prioritaires. Cette prolongation, présentée comme une mesure transitoire, illustre les incertitudes qui entourent encore l’articulation future entre DPC et certification périodique.
Convention collective des cabinets médicaux : révision de la grille des salaires
La grille des salaires, inchangée depuis janvier 2024, est en cours de révision en CPPNI : ajout d’un cinquième niveau valorisant la polyvalence des manipulateurs, et proposition d’augmentation significative pour compenser l’inflation. En cas d’accord en juillet, l’application serait immédiate au 1er juillet pour les adhérents des syndicats signataires, avec extension rétroactive pour les non-adhérents environ six mois plus tard.
Formations à venir
Forcomed organise une prochaine session « Gestes d’urgence en radiologie » le vendredi 16 octobre (tarif adhérent FNMR : 720 €), ainsi que la Forcomed Académie le 11 septembre, la veille du prochain conseil d’administration national du 12 septembre, avec plus de 25 ateliers proposés.
Par ailleurs, j’ai proposé aux responsables de Forcomed d’organiser des formations locales directement dans notre département, si cela vous intéresse. Nous espérons être entendus sur ce point et ne manquerons pas de vous tenir informés des suites données à cette demande.
En résumé
Le contexte national est très tendu et cela se reflète à tous les niveaux et pour ce qui nous concerne nous risquons une fois de plus d’être la variable d’ajustement et une proie facile : ne comptons que sur nous pour nous défendre.
Baisses tarifaires, rapport charges et produits, financiarisation, menaces sur le S2 tous les voyants sont au rouge ; mais la fédération porte une ligne claire et constructive : substituer aux baisses aveugles des mesures de pertinence et de valorisation du rôle de la radiologie dans l’efficience globale du système de santé.
De la pédagogie est indispensable et notre mobilisation auprès de nos élus locaux est toujours aussi indispensable.
Le seul rempart aux velléités des pouvoirs publics passe par une syndicalisation massive afin de donner à la FNMR le poids pour s’y opposer.
La FNMR grâce à votre soutien et à vos actions est le seul rempart contre toutes les attaques et contre toutes les menaces contre notre exercice futur !
Le bureau départemental reste à votre disposition pour toute question ou pour vous accompagner dans vos démarches auprès de vos parlementaires.
En attendant, nous vous souhaitons à toutes et à tous de très bonnes vacances estivales : qu’elles soient sources de repos bien mérité, et que vous puissiez vous ressourcer et profiter de bons moments entourés de ceux qui vous sont chers.
Nous aurons le plaisir de nous retrouver à la rentrée pour notre traditionnel dîner de rentrée, qui fera suite à la prochaine Assemblée Générale nationale du 12 septembre : nous vous donnerons alors les toutes dernières informations.
Nous vous informerons début septembre des modalités de nos retrouvailles de rentrée.
Nous espérons que la CNAM et le gouvernement ne profiteront pas de la trêve estivale pour prendre de nouvelles mesures financières à l’encontre de notre spécialité. Nous resterons vigilants tout l’été au cas ou.
Au nom du bureau, je souhaite à toutes et à tous un excellent été !
Bien confraternellement,
Dr Alexandre SOBOTKA- Président pour le Bureau de la FNMR Yvelines
Dr Alexandre Sobotka
5 allée du bois de Nogent
78310 Maurepas
asobotka@gmail.com
mobile: 06.09.14.12.92


