Résultats du sondage d’octobre 2026 sur le mode de rémunération des médecins libéraux

Dans la situation économique actuelle, catastrophique, les politiques risquent de mettre à l’ordre du jour le mode de rémunération des médecins et la liberté d’installation. L’USMY a voulu connaitre votre avis car des négociations débuteront (nous l’espérons) avec la nouvelle mandature de 2027. Les résultats de ce sondage sont sans appels…

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La situation politique et économique très dégradée du pays dans cette période de campagne présidentielle de mai 2027 ne rassure pas les français et en particulier les médecins libéraux.

C’est l’occasion pour l’USMY de consulter nos consœurs et confrères sur leurs aspirations pour l’évolution du système de santé dans lequel ils vont devoir pratiquer leur art.

Rappelons que les piliers de l’exercice de la médecine libérale depuis 1928 sont :

  • Le libre choix du patient et du médecin
  • La liberté d’installation
  • Le paiement direct à l’acte

Sur ce dernier item il nous a paru important dans ce contexte de vous demander votre avis sur ce mode de rémunération :

Les résultats du sondage montrent :

  • Rester au paiement direct par le patient intégral = 86.7 %
  • Evoluer vers un mode de rémunération mixte avec une part de forfaitisation associée = 13.3 %
  • Evoluer vers une capitation exclusive = 0 %

Nous le savions, et ce sondage le confirme, l’USMY a toujours défendu ce pilier de la rémunération, et le renouvellement des générations n’a apparemment aucune emprise sur ce dogme.

Ces résultats sont importants à un moment où se profilent (après les présidentielles et les législatives éventuelles) des négociations conventionnelles dont nous avons expliqué le mois dernier les avantages dans l’analyse du précédent sondage de septembre 2026.

Bien sur la bataille sera dure, car les médecins et en particulier les jeunes ne s’engageront que si le hiatus dans le montant de la valeur des actes par rapport à tous les autres pays européens soit comblé.

Même si la situation économique rend indispensable (c’est une évidence) une meilleure maitrise des dépenses de santé, celle-ci ne doit pas se faire de façon purement comptable, comme cela a été le cas jusqu’ici aux dépends des libéraux et au détriment de la démographie médicale et de l’accès aux soins des patients auquel les médecins ne sont pour rien. Répétons-le.

Les médecins tiennent manifestement, comme le montre le sondage au paiement direct à l’acte. Mais conscient des difficultés économiques ils sont pour 13 % d’entre eux favorables à une rémunération mixée avec des forfaits notamment pour les maladies chroniques.

La maitrise comptable à montrer ses limites, son inefficacité et ses effets pervers sur l’accès aux soins. Aussi ce système à bout de souffle doit être totalement repensé et remplacé par la prise en compte de la pertinence et la qualité des actes notamment pour les spécialistes dont la nomenclature doit être revue et adaptée au temps passé et au cout des équipements.

Notre métier a profondément évolué. Les responsabilités se sont accrues, la coordination est devenue permanente, les contraintes administratives se sont multipliées, les attentes sociétales se sont renforcées. Pourtant, la reconnaissance de la valeur de notre expertise n’a pas progressé au même rythme.

L’USMY défend le paiement à l’acte comme expression du contrat direct entre le médecin et son patient, tout en reconnaissant que certaines missions collectives — coordination, prévention, investissement territorial — nécessitent des financements complémentaires clairement identifiés.

L’USMY, comme tous les syndicats nationaux qui la composent appellent à un changement de méthode : une loi de programmation en santé sur plusieurs années, des objectifs de résultat partagés, une évaluation des besoins avant la décision, des expérimentations avant généralisation, et une transparence sur ce qui fonctionne ou non. La confiance est compatible avec l’exigence. Elle suppose même une évaluation plus intelligente : moins de contrôle de conformité, davantage d’évaluation de la qualité des soins, de pertinence, d’accès, de prévention et de satisfaction des patients comme des professionnels.

Ce sondage, afin de répondre au maintien du libéralisme nécessite un changement de paradigme où tous les acteurs en responsabilité (corps médical, politiques, assurance obligatoire et complémentaires) respectent cette loi de programmation en visant l’objectif : préservation de la qualité des soins au meilleur prix les objectifs.