Voici donc, comme promis, un condensé des positions en matière de santé des principaux candidats officiellement déclarés à la présidentielle d’avril 2027 (programmes encore en cours d’élaboration pour la plupart).
Position de chaque candidat
Édouard Philippe (Horizons)
Fait de la santé un pilier de sa campagne : investissement massif dans la formation des médecins, prévention (« grand retard français ») et intelligence artificielle. Il propose de doubler les maisons de santé, d’augmenter le budget de l’hôpital public, plus d’autonomie de gestion pour les établissements, et de généraliser le dossier médical partagé et la télémédecine . Il est opposé au « 100 % Sécu » remplaçant les mutuelles, préférant clarifier le partage des rôles entre Assurance maladie et complémentaires
Gabriel Attal (Renaissance)
Programme santé encore en cours d’élaboration : il plaide pour l’élargissement des compétences des pharmaciens d’officine, un assistant médical fondé sur l’IA commandé par l’État et accessible à tous, et des économies sur les dépenses sociales. Sujet piloté par le médecin Bertrand Mas-Fraissinet, en appui de Stéphanie Rist.
Marine Le Pen (RN)
A tenu une table ronde santé en janvier 2026 orientations dévoilées au compte-gouttes : réorganisation de la Sécurité sociale, lutte renforcée contre la fraude, meilleur contrôle des prescriptions. Son programme cible 16 mesures « santé & social », dont des incitations financières fortes pour les soignants s’installant en zone sous-dotée. Selon un comparateur non partisan, aucune proposition santé chiffrée n’était encore publiée. Dans les sondages, elle est la candidate à qui les Français font le plus confiance sur ce sujet (40 %)
Jean-Luc Mélenchon (LFI)
Programme « L’Avenir en commun » : plan d’urgence pour l’hôpital public, « 100 % Sécu » (remboursement intégral des soins en intégrant les mutuelles dans la Sécurité sociale), 100 000 agents de santé recrutés à l’hôpital, régulation de l’installation des médecins pour garantir des soins publics à trente minutes, droit de mourir dans la dignité inscrit dans la Constitution.
Raphaël Glucksmann (Place publique)
Virage de la prévention comme condition de soutenabilité du système, sortie de l’ONDAM (l’objectif national de dépenses d’Assurance maladie), fin de la tarification à l’acte à l’hôpital remplacée par un financement global et pluriannuel, projets territoriaux de santé coconstruits, priorité à la lutte contre la désertification médicale et à la santé mentale. C’est le seul candidat avec une position datée de 2026 sur l’aide médicale d’État (AME).
Marine Tondelier (Les Écologistes)
Priorité à la santé environnementale, présentée comme « un droit fondamental du XXIe siècle » : sortie progressive des pesticides à l’horizon 2050, interdiction des aliments ultra transformés en cantine, bannissement des perturbateurs endocriniens, et lutte contre les déserts médicaux érigée en « priorité des priorités »
Bruno Retailleau (LR)
Candidat déclaré ; ses propositions santé restent peu détaillées à ce stade, axées sur le financement, l’accès aux soins et la réforme de l’hôpital
Aucune proposition publiée sur les déserts médicaux
Aucun chiffrage santé ; 91 Md€ d’effort social sur un quinquennat dont 4 Md€ d’économies sur les arrêts maladie, gains d’efficience réinvestis dans les soins
David Lisnard (Nouvelle Énergie)
Refus explicite de la régulation, liberté d’installation, remboursement plus favorable en zone sous-dotée, doublement des étudiants en médecine d’ici 2030, suppression des ARS
Pas de chiffrage : « le problème n’est pas un problème de moyens »
Édouard Philippe (Horizons)
Investir dans la formation des médecins et l’IA ; aucune proposition chiffrée publiée sur les déserts médicaux
Stabiliser les dépenses de santé sans augmenter les moyens, miser sur la prévention ; opposé au « 100 % Sécu » mutualiste, veut clarifier le partage. Assurance maladie / complémentaires
Gabriel Attal (Renaissance)
Programme en six chantiers sans volet santé à ce jour (lui attribuer le plan d’accès aux soins de 2024 serait une erreur : il l’a présenté comme Premier ministre)
A plaidé pour des économies sur les dépenses sociales ; pas de position sur l’ONDAM
Jean-Luc Mélenchon (LFI)
Régulation de l’installation des médecins, centres de santé publics à médecins salariés, soins garantis à moins de 30 minutes de chaque habitant, réouverture d’urgences et maternités
100 % Sécu (remboursement intégral, mutuelles intégrées), plan pluriannuel de recrutement ; financement non chiffré
Marine Le Pen (RN)
Position non établie : Table ronde sur déserts médicaux, numerus clausus et débureaucratisation de l’hôpital ; incitations financières fortes pour s’installer en zone sous-dotée
Réorganiser la Sécurité sociale, renforcer la lutte contre la fraude et le contrôle des prescriptions ; pas de position sur l’ONDAM
Tableau comparatif
Ci-dessous un tableau comparatif facile à lire.
| Candidat | Déserts médicaux / installation des médecins | Financement, ONDAM et reste à charge |
| Bruno Retailleau (LR) | Aucune proposition publiée sur les déserts médicaux | Aucun chiffrage santé ; 91 Md€ d’effort social sur un quinquennat dont 4 Md€ d’économies sur les arrêts maladie, gains d’efficience réinvestis dans les soins |
| David Lisnard (Nouvelle Énergie) | Refus explicite de la régulation, liberté d’installation, remboursement plus favorable en zone sous-dotée, doublement des étudiants en médecine d’ici 2030, suppression des ARS | Pas de chiffrage : « le problème n’est pas un problème de moyens » |
| Édouard Philippe (Horizons) | Investir dans la formation des médecins et l’IA ; aucune proposition chiffrée publiée sur les déserts médicaux | Stabiliser les dépenses de santé sans augmenter les moyens, miser sur la prévention ; opposé au « 100 % Sécu » mutualiste, veut clarifier le partage Assurance maladie / complémentaires |
| Gabriel Attal (Renaissance) | Programme en six chantiers sans volet santé à ce jour (lui attribuer le plan d’accès aux soins de 2024 serait une erreur : il l’a présenté comme Premier ministre) | A plaidé pour des économies sur les dépenses sociales ; pas de position sur l’ONDAM |
| Jean-Luc Mélenchon (LFI) | Régulation de l’installation des médecins, centres de santé publics à médecins salariés, soins garantis à moins de 30 minutes de chaque habitant, réouverture d’urgences et maternités | 100 % Sécu (remboursement intégral, mutuelles intégrées), plan pluriannuel de recrutement ; financement non chiffré |
| Marine Le Pen (RN) | Position non établie : table ronde santé (janv. 2026) sur déserts médicaux, numerus clausus et débureaucratisation de l’hôpital ; incitations financières fortes pour s’installer en zone sous-dotée | Réorganiser la Sécurité sociale, renforcer la lutte contre la fraude et le contrôle des prescriptions ; pas de position sur l’ONDAM |
| Marine Tondelier (Écologistes) | Lutte contre les déserts médicaux « priorité des priorités » ; l’essentiel du volet publié porte sur la santé environnementale | Pas de position publiée sur l’ONDAM ; favorable au 100 % Sécu |
| Raphaël Glucksmann (Place publique) | Lutte contre la désertification médicale et santé mentale des jeunes parmi ses priorités, projets territoriaux de santé coconstruits | Sortir de l’ONDAM, fin de la tarification à l’acte à l’hôpital remplacée par un financement global, territorial et pluriannuel, virage de la prévention |
Le clivage réel dans la remise en question ou pas de la pérennisation de la médecine libérale : réguler ou non l’installation
C’est la ligne de fracture la plus nette du thème santé
- Régulation par la contrainte : Mélenchon (et au-delà, la proposition de loi Garot, adoptée par l’Assemblée en 2025 mais bloquée au Sénat depuis juin 2026, les sénateurs préférant un « aménagement » de la liberté d’installation)
- Régulation par autorisation administrative : Villepin (installation soumise à l’ARS, 150 zones prioritaires)
- Incitation financière : Le Pen, Dupont-Aignan (bourses contre engagement d’installation)
- Refus explicite : Lisnard
Contexte budgétaire
Pour cadrer les promesses : l’ONDAM 2027 est fixé à +2,0 % (contre ~3 % en 2025-2026), le déficit de la Sécurité sociale 2025 atteint −21,6 Md€ (objectif 2027 : −12,7 Md€), et la dépense courante de santé s’établit à 353,2 Md€ (11,8 % du PIB), avec un reste à charge de 9,7 % pour les ménages. Aucun candidat ne s’est prononcé sur le transfert de 1,2 Md€ aux complémentaires inscrit au PLFSS 2027, et seul Glucksmann propose explicitement de sortir de l’ONDAM — les autres raisonnent en accès aux soins plutôt qu’en cadre budgétaire.
Points de vigilance : les programmes ne sont pas finalisés et seuls Mélenchon, Tondelier et Glucksmann ont publié des propositions santé relativement structurées ; aucun candidat ne s’est prononcé sur le transfert de 1,2 milliard d’euros aux complémentaires santé prévu dans le PLFSS 2027. La santé reste l’un des sujets où les propositions sont dévoilées « au compte-gouttes »
Nous le répétons : Même si la campagne présidentielle n’est pas réellement lancée, nous aurions préféré voir la santé mise dans les priorités. Espérons qu’elle ne sera pas « sacrifiée »



