Le Conseil National de l’Ordre vient de publier le traditionnel atlas de la démographie national où les chiffres de 2026 sont confrontés à ceux de 2010, permettant d’apprecier les tendances. Résultats toujours intéressants par rapport aux idées reçues, mais en demie teinte, peut être faut il y voir le verre à demi plein ou à demi vide ?
Une lecture exhaustive de l’Atlas risque d’être longue et peut être lassante. Aussi l’USMY dans un premier temps s’est intéressée aux Yvelines sur les données communiquées par les Docteurs Sobotka Secrétaire Général et Gayraud Trésorier ?
Comparons donc les chiffres de 2010 et ceux de 2026, c’est l’évolution des chiffres qui est la plus parlante, En Yvelines :
L’âge moyen des médecins en activité a augmenté de1,2 année entre 2010 et 2026 il était de 51,8 ans en 2010, il est maintenant tous sexes confondus, en 2026 de 53 ans , il fallait s’y attendre la population médicale vieilli mais les médecins responsables travaillent plus âgés et ont des difficultés à abandonner leurs patients
La proportion de médecins de moins de 40 ans est de 21 %, par contre la proportion de médecins de plus de 60 ans est de 36,6 %.
Par contre la variation des effectifs de médecins en activité de moins de 40 ans entre 2010 et 2026 est de 74,8 % et la variation des effectifs de médecins de 60 ans et plus en activité est de 62,2 %. Il semble donc que la population médicale se rajeunisse.
Sur la féminisation de la population médicale en Yvelines comme dans beaucoup de départements a cru de 17 %.
En ce qui concerne les variations selon le mode d’activité dans les Yvelines:
- 54,2% sont des spécialistes de médecine générale Libéraux, 8,0% sont des spécialistes de médecine générale ayant une activité mixte, 37,5% spécialistes de médecine générale salariés
- 50,5% sont des spécialistes chirurgicaux libéraux, 23,9% ont une activité mixte libérale et salariée et 24,9% des salariés
- 32,4% Sont des spécialistes médicaux libéraux 14,6% spécialistes médicaux avec une activité mixte 52,6% spécialistes médicaux salariés exclusifs
- Toutes catégories réunies les libéraux représentent 43,4% du corps médical, 13,3% ont une activité mixte libérale et salariée et enfin 42,9% exercent en salariés exclusifs
Les diplômes étrangers sont passés de 395 en 2010 à 918 en 2026 soit une croissance de 131,4 % venant en partie combler en partie le déficit de diplômes français.
Si l’on confronte ces données à la croissance de la densité de la population générale qui a cru en Yvelines de 4,4 % alors que la démographie médicale a baissé de 10,8 % toutes formes d’exercice confondues on comprend aisément les difficultés d’accès aux soins que rencontrent les patients et l’épuisement des médecins.
Après cette analyse spécifique des Yvelines , les données des autres départements de façon disparates confirment cette évolution et les conclusions de l’Atlas, comme nous le disions au début corroborent ces données et confirment que devant cette évolution sociétale la partie est loin d’être gagnée et nécessitera de définir de nouveaux paramètres pour les atlas à venir
AU TOTAL :
Aussi malgré un contexte globalement défavorable en médecine générale, l’amélioration de l’offre apparente observée dans certains territoires ne se traduit pas mécaniquement par une amélioration de l’accès aux soins. Au contraire, l’accessibilité se dégrade le plus souvent. Les territoires les moins dotés en médecins au regard de leur population cumulent plusieurs fragilités : une baisse de l’accessibilité potentielle localisée (APL), un risque élevé de départs en retraite à court ou moyen terme, et une faible attractivité pour les premières inscriptions. Cette accumulation de facteurs contribue à renforcer les inégalités territoriales et alimente un phénomène de polarisation croissante entre territoires urbains et ruraux. L’accessibilité et l’attractivité apparaissent ainsi maximales dans les grands pôles urbains et se dégradent progressivement à mesure que l’on s’en éloigne. Ces évolutions, particulièrement marquées en médecine générale, sont également révélatrices de tensions à l’œuvre dans d’autres spécialités Là encore, l’offre effective se dégrade nettement dans les territoires périphériques et ruraux, accentuant les disparités territoriales d’accès aux soins. Par ailleurs, les transformations des formes d’activité médicale – cumul emploi-retraite, remplacement et exercice regroupé – modifient en profondeur l’organisation des soins. La progression du cumul emploi-retraite et de l’exercice en groupe contribue à améliorer l’offre de soins apparente. Les médecins remplaçants et ceux exerçant en groupe sont en moyenne plus jeunes, traduisant l’attractivité de ces modalités d’exercice pour les nouvelles générations. Ces formes d’activité se concentrent toutefois majoritairement dans les grands pôles urbains, renforçant les déséquilibres territoriaux existants.
L’ensemble de ces mécanismes s’inscrit dans des cercles cumulatifs de déséquilibres : les territoires déjà attractifs concentrent les installations, les formes d’exercice les plus recherchées et les coopérations professionnelles, tandis que les territoires fragiles cumulent faible attractivité, dégradation de l’accessibilité et vieillissement de leur population médicale. Cette étude se limite aux médecins généralistes libéraux et aux médecins salariés exerçant en centre de santé. Or, l’offre de soins ne se réduit pas à ces seuls professionnels : elle est également assurée par les médecins généralistes exerçant une activité mixte ou salariée hors centres de santé, ainsi que par d’autres spécialités participant aux soins de premier recours, notamment la gynécologie, l’ophtalmologie, la pédiatrie ou la psychiatrie. Par ailleurs, le recours à l’échelle des bassins de vie peut occulter certaines disparités infraterritoriales, en particulier dans les communs périphériques des grandes agglomérations telles que Paris, Marseille ou Lyon. Si les territoires ruraux demeurent fortement concernés par la baisse de l’APL, les grandes villes connaissent également des tensions croissantes, avec des contrastes marqués entre les centres urbains et leurs périphéries. Dans ce contexte, une analyse à l’échelle communale pourrait s’avérer pertinente pour affiner certains diagnostics. L’analyse couvre la période 2016-2023, correspondant aux données d’APL les plus récentes disponibles. À l’échelle nationale, cette période est marquée par une baisse des effectifs de médecins généralistes, alors qu’une augmentation est observée à partir de 2025-2026. Bien que l’étude montre qu’une hausse du nombre de médecins ne conduit pas mécaniquement à une amélioration de l’accessibilité, cette évolution pourrait ouvrir de nouveaux axes d’analyse, notamment en matière d’attractivité territoriale et de renouvellement générationnel.


